Gordes, Roussillon ou Lourmarin : quel village du Luberon pour un premier week-end ?

Gordes, Roussillon ou Lourmarin : quel village du Luberon pour un premier week-end ?

Le Luberon compte plusieurs villages classés parmi les Plus Beaux Villages de France, à quelques kilomètres les uns des autres. Sur un week-end, impossible de tout voir sans passer ses journées en voiture. Mieux vaut choisir un village comme point de chute et rayonner autour.

Voici comment trancher entre les trois plus connus.

Trois villages, trois caractères

Gordes, c’est la carte postale : un village perché sur son rocher, des maisons de pierre sèche en gradins et le château au sommet. La vue depuis la route de Cavaillon, en fin de journée, justifie à elle seule le détour. En contrepartie, c’est le plus fréquenté des trois, et les ruelles se remplissent vite entre juin et septembre.

Roussillon joue une tout autre partition. Le village est bâti sur un gisement d’ocres du Luberon, et ses façades déclinent toutes les nuances du jaune au rouge sang. Le Sentier des Ocres, en contrebas, se parcourt en une heure environ et laisse des traces orangées sur les chaussures. Prévoyez une tenue qui ne craint rien.

Lourmarin, enfin, est le plus vivant au quotidien. Moins perché, plus ouvert, il tourne autour de son château Renaissance, de ses terrasses de café et de son marché du vendredi matin. Albert Camus y a vécu ses dernières années et repose dans le petit cimetière du village.

Où poser ses valises pour rayonner ?

Le choix du village de départ compte plus qu’on ne le croit. Dormir à Gordes permet de profiter du village le soir, une fois les cars repartis, et de rejoindre l’abbaye de Sénanque en dix minutes. Dormir à Lourmarin place au sud du massif, pratique pour enchaîner avec Bonnieux, Cucuron ou Ansouis. Pour comparer les secteurs village par village, le guide Gîtes de Charme en Provence détaille le Vaucluse, du Luberon au pied du Ventoux, avec ce qu’il y a à voir autour de chaque village.

Un gîte ou une chambre d’hôtes à la sortie d’un village offre souvent le meilleur compromis. On évite les ruelles où il est impossible de se garer, et on garde le village à portée de marche pour le dîner. En haute saison, réserver deux à trois mois à l’avance n’a rien d’excessif sur ce secteur.

Gordes, Roussillon ou Lourmarin : quel village du Luberon pour un premier week-end ?

Le bon tempo sur deux jours

Le rythme qui fonctionne le mieux consiste à visiter tôt et à se poser l’après-midi. Les villages perchés se découvrent idéalement avant dix heures, quand la lumière est rasante et les parkings encore vides. L’après-midi, la chaleur pousse vers l’ombre des platanes ou la fraîcheur d’une cave.

Pour un premier week-end, un enchaînement simple suffit :

  • samedi matin, Gordes puis l’abbaye de Sénanque ;
  • samedi après-midi, Roussillon et le Sentier des Ocres, à faire après seize heures en été ;
  • dimanche, Lourmarin, son château et une halte à Bonnieux au retour.

Dans le Luberon, le meilleur moment d’un village, c’est souvent celui où les visiteurs s’en vont.

Ce découpage évite de traverser le massif plusieurs fois. Il laisse aussi du temps pour les étapes improvisées : une cave coopérative, un point de vue au bord de la route, une place de village où l’on s’arrête plus longtemps que prévu.

Quelle saison pour éviter la foule ?

Juillet et août concentrent l’essentiel des visiteurs, avec la floraison des lavandes en prime autour de Sénanque. C’est beau, mais c’est chargé. La fin mai, le mois de juin et le mois de septembre offrent un Luberon plus calme, des températures agréables et des hébergements plus faciles à trouver.

L’automne a aussi ses atouts : les vignes changent de couleur, les marchés proposent les premières olives et les villages retrouvent leurs habitants. L’hiver est plus austère, et beaucoup de restaurants ferment, mais les villages perchés sous un ciel d’hiver dégagé ont une lumière que l’été ne connaît pas.

Quel que soit le village choisi, le Luberon se vit mieux lentement. Un week-end ne suffira pas à tout voir, et c’est plutôt une bonne nouvelle : cela laisse une raison de revenir.

Photos : Gordes, kallerna (CC BY-SA 4.0) ; Sentier des Ocres, Véronique Pagnier (domaine public), via Wikimedia Commons.

Laurent